Patrick Montel : de nouveau speaker au meeting d'athlétisme d'Hérouville !

Le journaliste français est l'une des voix majeures du sport sur France Télévision et, depuis la création des championnats du monde d'athlétisme, l'un des principaux commentateurs. Il apporte sa contribution au meeting d'athlétisme et lui donne une tonalité de fête populaire exceptionnelle. Il nous confie sa vision du meeting hérouvillais, et les raisons pour lesquelles il est fidèle au poste !

Pourquoi avez-vous accepté d’être président d’honneur du meeting d’athlétisme d’Hérouville ?

 

En fait c’est venu tout naturellement, c’est une histoire qui s’est forgée dans le temps grâce à l’amitié et l’empathie de tous ceux que j’ai rencontrés à Mondeville et Hérouville, lors des meetings précédents. Et quand Christophe Lemarié m’en a parlé, ça m’a semblé tomber sous le sens. Nous partageons les mêmes valeurs d’entraide, de bienveillance, de partage.

 

Vous avez de plus des liens particuliers avec la région ?

 

Je suis ce qu’on appelle le régional de l’étape, je suis tombé sous le charme d’Ouistreham. Il y a quelques années de cela, j’ai acheté un appartement modeste dans le lequel on se sent très bien. Il n’est pas du tout en front de mer, mais plutôt en retrait, à 15 minutes de la mer. Je n’ai pas envie d’être en vitrine, ni d’être caché ! Même si en ce moment il y a des choses qui me gênent un peu, surtout vis-à-vis des migrants. Parce que je suis un ardent défenseur de l’homme en général, j’aimerais que  notre démarche soit une démarche humaine. Mais, quand même,  je remarque que dans la région, il y a des gens magnifiques qui leur viennent en aide.

Malheureusement, j’y vais moins que ce que je voudrais venir, en ce moment c’est un peu dur. J’aimerais y retourner bientôt, mais vous savez ce que c’est, on a 10 000 choses à faire. Mais à chaque fois que je viens ici, je me sens, très bien !

 

Qu’est-ce qui caractérise le mieux le meeting d’athlétisme d’Hérouville ?

 

On est un peu à contre-courant de ce qui me gêne habituellement dans le sport, tout l’argent facile, le pouvoir, tout cet aspect lié au sport spectacle. Les plateaux d’Hérouville et de Mondeville sont très modestes, mais ils permettent une vraie rencontre avec les athlètes. Nous n’avons pas de mégastar, mais les gens qui viennent savent pourquoi ils viennent. À chaque fois que nous avons eu des têtes d’affiche, ils sont venus avec bienveillance, ils ne sont pas venus courir le cacheton comme on dit, c’est important.

 

Comment préparez-vous votre intervention pour le meeting d’athlétisme d’Hérouville ?

 

Ah, et bien je ne prépare rien, jamais, parce que j’ai envie de vivre pleinement l’événement, dans toute sa spontanéité, de profiter des émotions. Je n’ai pas envie d’avoir des phrases préfabriquées, je fonctionne à l’émotion. C’est un avantage, mais cela peut aussi être un inconvénient !

 

Avez-vous des souvenirs marquants des dernières éditions ? Des anecdotes ?

 

Oui, beaucoup beaucoup ! Notamment avec Christophe Lemaître qui s’est confié comme jamais. C’est quelqu’un d’intérieur, il était heureux, le montrait, il a commencé à évoquer des blessures de l’enfance, le regard de ses camarades d’école sur lui, c’était un enfant un peu différent. Cela a été possible grâce à une ambiance particulière, celle du meeting justement. Mais je me rappelle aussi Dwayn Chambers et ses tribulations. J’ai plein de souvenirs, avec énormément de gens sympas, et j’ai la chance de revivre les choses, grâce notamment à Christophe Lemarié, qui a la capacité à fédérer des bienveillances. Le meeting est le résultat d’une alchimie particulière, qui repose sur sa personnalité.

 

Vous êtes aussi le speaker du très grand meeting de Monaco. Quels sont les points communs avec le meeting d'Hérouville ?

 

Aucun, Monaco n’a rien à voir avec le meeting d’Hérouville, c’est plutôt du prestige, de très grands noms, une débauche de moyens. Mais je n’évalue pas les meetings à l’aune des vedettes du plateau, mais plutôt avec l’organisateur et les équipes du meeting. Si je viens, c’est qu’il y a une connivence, le standing n’entre pas en ligne de compte. Et à Monaco, il y a moins de proximité avec les athlètes, c’est plus cadré, plus policé. À Hérouville, on est vraiment au contact direct des athlètes, c’est extraordinaire.

 

 

Vous êtes sensibles à la mixité handi et haut niveau, pourquoi ?

 

Oui, ici, il y a cette perception du handicap que nous avons en commun. Je pars du principe que le mot handisport est galvaudé, parce que les gens qui pratiquent du sport et sont en situation de handicap sont nos héros du quotidien. Quand je suis face à un handi, c’est moi qui suis en situation de handicap. Je pense qu’au niveau des meetings, cette mixité doit exister, et ici, c’est le cas, et je sais que ce n’est pas le cas en championnat. Pourtant, il faut les aider au quotidien. Les valeurs véhiculées par Christophe Lemarié sont celles-là. Je pars du principe que l’humilité est la qualité de tous les gens bien, et c’est le cas de Christophe.